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Lieu : Montpellier, Hérault, France

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mercredi 20 décembre 2006

Séance du vendredi 22 décembre 2006 à Lunel

Pour terminer ce cycle, nous reviendrons sur les nouveautés introduites par Marcel Duchamp :

- l'incursion de l'objet dans l'art avec les ready-made vus la semaine dernière et les interrogations dont ils sont les porteurs.

- une oeuvre réalisée sur ses seules instructions. En 1919, alors qu'il se trouve à Buenos Aires, sa soeur lui annonce son mariage en avril avec le peintre Jean Crotti. Ne pouvant faire le déplacement, Duchamp transmet par courrier ses instructions pour un cadeau de mariage.

« C'était un précis de géométrie qu'il lui fallait attacher avec des ficelles sur le balcon de son appartement de la rue de La Condamine. Le vent devait compulser le livre, choisir lui-même les problèmes, effeuiller les pages et les déchirer. Suzanne en a fait un petit tableau : Readymade malheureux de Marcel. C'est tout ce qu'il en reste puisque le vent l'a déchiré. Ça m'avait amusé d'introduire l'idée d'heureux et de malheureux dans les readymades, et puis la pluie, le vent, les pages qui volent, c'est amusant comme idée...» Marcel Duchamp, Entretiens, p.105. Readymade malheureux.Buenos Aires/Paris, 1919.

- Marcel Duchamp sera par ailleurs l'un des premiers artistes à donner le statut d'oeuvre à ses notes de travail, publiées sous forme de fac-similés.

Dès les années 1910, il réfléchit au projet d'une boîte qui rassemblerait ses notes écrites, schémas et projets, ce qui donnera, La Boîte de 1914, première du genre, fabriquée en 5 exemplaires et rassemblant 16 fac-similés des premières notes concernant le Grand Verre, La Boîte blanche, puis en 1934, La Boîte verte, éditée à 300 exemplaires + 20 de luxe aux Éditions Rrose Sélavy, et contenant l'ensemble de ses notes préparatoires au Grand Verre.

La boîte verte contient 93 documents
(photos et fac-similés de dessins et notes manuscrites des années 1911-15)
ainsi qu'une planche coloriée au pochoir
(9 Moules mâlics)

A partir de 1936, il commence à réaliser de véritables petits musées portatifs contenant des maquettes et des reproductions de ses principales œuvres en modèle réduit, un vaste projet auquel il consacre une attention maniaque, et dans lequel il se fera assister de son ami Joseph Cornell qui collectionnera avec passion toutes les informations sur Marcel Duchamp : notes d'hôtel, billets d'avion, petits manuscrits et autres bouts de papier. Retrouvée en 1972, la collection de notes rassemblée par Cornell pourrait avoir inspiré à Marcel Duchamp sa dernière oeuvre, Étant donnés 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairage.

Au bout de cinq années de travail, il présente à Paris, le 1er janvier 1941, la première Boîte-en-valise achetée par Peggy Guggenheim. Elle contient 69 reproductions, dont 3 véritables répliques miniatures de ready-mades (Air de Paris, pliant de voyage et Fountain) et un petit Grand Verre sur celluloïd.

Duchamp a lui-même assemblé les 24 premiers exemplaires, ajoutant à chacun un original. Ces exemplaires de luxe sont appelés Boîte-en-valise ou Valise. Les 280 exemplaires suivants seront assemblés par séries successives (7) jusqu'en 1968 et ne sont que des boîtes, même ceux fabriqués en 1952 et 1954 et fournis dans une valise.

Boîtes en valise. Première série réalisée de 1936 à 1941
© 2001 Succession Marcel Duchamp, ARS, N.Y. / ADAGP, Paris.

La boîte-en-valise, 1936/1968. Paris 1936 - New York 1941
Boîte en carton recouverte de cuir rouge contenant des répliques miniatures d'œuvres,
69 photos, fac-similés ou reproductions de tableaux, collées sur chemise noire.
40,7 x 38,1 x 10,2 cm Boîte déployée pour présentation : 102 x 90 x 39,5 cm
ARS, N.Y. / ADAGP, Paris.

Il nous restera à étudier deux oeuvres énigmatiques devenues mythiques auxquelles Marcel Duchamp consacra plusieurs années et qui inspireront plus tard l'art conceptuel :


- le Grand Verre

ou la mariée mise à nu par ses célibataires, même

New York 1912-1923
© 2001 Succession Marcel Duchamp
ARS, N.Y. / ADAGP, Paris









et son oeuvre posthume majeure :


-
Étant donnés, 1) la chute d'eau 2) le gaz d'éclairage.
1946-1966.
Philadelphia Museum of Arts.

Ci contre, l'oeuvre telle qu'elle se présente de sa façade extérieure.

1 Comments:

Anonymous Pierre said...

C'est fait... dans l'après-coup: j'ai lu ton article (pas en diagonale cette fois!) et j'ai bien apprécié.
Ceci dit ton blog devient de plus en plus beau et intéressant... pour moi tout au moins. Honni soit qui mâlic pense! ;o)

10:41 PM  

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